Cueillette des plantes sauvages : ce qui est permis en Bourgogne-Franche-Comté
Peut-on cueillir les fleurs sauvages ? La réponse dépend de l'espèce et… du département. Les statuts de protection sont régionaux : voici comment s'y retrouver sans se tromper.
Trois niveaux de protection qui se superposent
La protection des plantes sauvages en France se joue à trois niveaux. Le niveau national (arrêté du 20 janvier 1982) protège les espèces les plus menacées partout sur le territoire. Puis chaque région complète cette liste par ses propres arrêtés : en Bourgogne, l'arrêté du 27 mars 1992 ; en Franche-Comté, celui du 22 juin 1992.
Conséquence essentielle : une même plante peut être protégée d'un côté d'une limite administrative et pas de l'autre. C'est pourquoi il faut toujours raisonner par région, et non en absolu.
Des exemples parlants en BFC
L'arnica des montagnes, emblème du Morvan, est protégée en Bourgogne : sa cueillette y est interdite. La gentiane pneumonanthe des prés humides est, elle, protégée à la fois en Bourgogne et en Franche-Comté. L'ophrys abeille, jolie orchidée, est protégée en Franche-Comté mais pas en Bourgogne.
D'autres plantes, très menacées, sont protégées au niveau national et donc partout : c'est le cas du sabot de Vénus, de l'aster amelle ou du rossolis des tourbières. Pour ces espèces, aucune cueillette n'est tolérée où que ce soit dans la région.
La règle de prudence : dans le doute, on ne cueille pas
Il est difficile de connaître par cœur le statut de chaque espèce, d'autant que certaines orchidées relèvent aussi de la convention internationale de Washington. La règle simple : n'arracher jamais une plante entière, ne cueillir que des espèces communes et abondantes, et en petite quantité.
Certaines cueillettes sont par ailleurs réglementées à l'échelle d'un seul département (le muguet et le bois-joli dans le Jura, par exemple). Et sur un terrain qui n'est pas le vôtre, l'accord du propriétaire est nécessaire. Dans le doute, on photographie plutôt que l'on cueille.
Cueillir sans nuire
Beaucoup de plantes communes se cueillent sans problème : coquelicots, marguerites, mauve, achillée, chicorée sauvage… à condition de rester raisonnable et de laisser de quoi se ressemer et nourrir les insectes. La cueillette de baies (myrtilles du Morvan) est libre en BFC, mais demande la même modération.
Attention enfin à la toxicité : plusieurs belles plantes sauvages sont dangereuses (aconit, parisette, bois-joli, iris des marais). Apprendre à les reconnaître est aussi une façon de cueillir en sécurité. Notre section flore sauvage détaille, pour chaque espèce, son statut et les précautions à prendre.
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